Frère Christian
Frère Luc
Frère Christophe
Frère Michel
Frère Bruno
Frère Célestin
Frère Paul
Horaires d'une journée à la Trappe de Tibhirine
Horaires d'hiver de la Trappe affichés dans le monastère pour les jours de semaine

- 3h45 : Lever/Vigiles (à 4h), Oraison, lectio
Petit déjeuner - 7h30 : Laudes (puis vaisselle), Tierce au chapitre, Travail, lectio
- 12h00 : Eucharistie concélébrée (sauf le jeudi)
12h30, le jeudi, Sexte à la Chapelle - Vers 13h00 : Repas (après l'angelus), vaisselle....
- 14h45 : None, Travail .... lectio
- 18h00 : Vêpres, oraison
18h00, le jeudi, Eucharistie et Vêpres intégrées - 18h45 : Repas... Chapitre
19h30, le jeudi, Exposition du Saint Sacrement et adoration libre - 20h00 (environ) : Complies, angelus du soir, repos
Les Trappistes en Algérie
C’est au XIXème siècle que l’on voit la toute première implantation de moines cisterciens en Algérie, le 20 août 1843, à Staouëli, à 17 kilomètres à l'Ouest d’Alger. Cette implantation monastique va durer une soixantaine d'années. Le Père de Foucauld viendra réfléchir sur son érémitisme à Staouëli en septembre 1896.
En 1904, anticipant la loi d'expulsion des communautés religieuses de France, le monastère est fermé. Les moines se réfugient alors en Italie, à Maguzzano.
Et c'est une deuxième communauté qui arrive en 1934 et qui aprés une première implantation (vers le col de Ben Chicao) choisit en 1937 de s'installer à une centaine de kilomètres au sud d’Alger près de Médéa. Le domaine agricole de Tibhirine devient l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas.
La vie trappiste
Les cisterciens de la stricte observance sont connus en France sous le nom de Trappistes, du nom du monastère de la Trappe.
La vie trappiste est une forme de vie religieuse de type monastique, vécue sous la règle de Saint Benoît (Vème siècle), père des moines en Occident.
La vie trappiste se caractérise principalement par une vie volontairement menée à l'écart du monde, afin de favoriser ce qui en constitue le coeur : la prière. Celle-ci rythme la journée du moine qui se rend à l'église sept fois par jour pour l'office de la louange. Elle se nourrit de la Parole de Dieu. Chaque jour, le moine se met à son écoute à travers une lecture priante (lectio divina) de la Bible. C'est un chemin de purification du coeur et d'humilité.
En plus de l'office et de la lectio divina, c’est aussi une vie de travail (environ six à huit heures par jour, plutôt manuel).
Le lien de la Paix
L’absence de Dieu conduit à la déchéance de l’homme et de l’humanisme. Mais où est Dieu ? Le connaissons-nous et pouvons-nous Le montrer de nouveau à l’humanité pour fonder une vraie paix ? (Benoit XVI, Assise, 27 octobre 2011).

L’expérience singulière conduite à Notre-Dame de l’Atlas constitue aujourd’hui une grande source d’inspiration pour les relations entre les chrétiens et les musulmans.
La Communauté de Tibhirine pratiquait une vie de prières et de travail, comme dans tous les monastères du monde qui suivent la Règle de Saint Benoit et sa devise « Ora et Labora ». Par ailleurs, certains moines de la Communauté avaient institué un Lien de Paix ou « Ribât el Salam ». Afin de mettre à l’épreuve leur relation à Dieu dans et par la prière, ce « Lien de Paix » permettait à certains chrétiens d’Algérie de rencontrer des musulmans, principalement des soufis.
Ce "Lien de Paix" ou "Ribât el Salam" fut fondé par le Père Claude Rault et par Christian de Chergé en 1979, avec l'aide deux pères Blancs. Leur projet commun : approfondir leur vie spirituelle en Algérie en accueillant ce que leur foi en Jésus-Christ peut accueillir de l'expérience religieuse de leurs amis musulmans. Ribât el Salam est le nom de l'association qui se crée ainsi d'abord uniquement de chrétiens. Il signifie Lien de Paix. Le monastère devient le lieu régulier des rencontres, tous les six mois.
Un groupe de Soufis que Frère Jean-Pierre avait rencontré au départ à Médéa demande à rentrer dans le mouvement. Ils faisaient partie d'un groupe soufi appelé "Alaouisme". Ils venaient alors en début d'après midi du Vendredi alors que le Ribât el Salam commençait lui le jeudi soir et se terminait le samedi matin (temps du week-end en Algérie).
Comme à Assise le 27 octobre 2011, la première partie se passait en silence dans le salon de l'hotellerie. Puis, quand arrivait l'heure de la prière des musulmans, ils se retiraient dans une pièce à côté pour leur prière officielle, pendant que les chrétiens se rendaient à la chapelle. A leur retour, ceux qui le désiraient pouvaient parler de la manière dont ils avaient vécu dans leur quotidien, une parole, qui était choisie dans la tradition musulmane ou chrétienne, lors de la rencontre précédente.
Ce "Lien de Paix" avait pour fondement la prière. Ainsi, s'exprimait le prieur de Tibhrine : "Les appels à la prière ne peuvent me laisser indifférent. Il n'y a que Dieu qui puisse appeler à la prière. Ici, à Tibhirine, je comprends mieux que tous sont appelés, que l'homme a été créé pour cette louange et cette adoration. Et c'est bien la prière qui m'aide à donnr à chacun de mes frères sa juste place, par delà un vivre ensemble souvent éprouvant. Elle me permet de mieu pressentir les convergences malgré la distance, et les complémentarités malgré les différences" (L'invincible Espérance, p 172-173).
Voir "Service national pour les Relations avec l'Islam ( SRI ) de l'Eglise de France" : http://www.relations-catholiques-musulmans.cef.fr/home
"Petit Traité de la rencontre et du Dialogue", lire le point de vue de Mgr Claverie
"Ribât el Salam", lire l'entretien avec Mgr Claude RAULT, évêque de Laghouat (Algérie)
Petit traité de la Rencontre
Pierre Claverie, Petit Traité de la Rencontre et du Dialogue, Paris, Cerf, 2004, p. 35-36 :
"Nous sommes en très grande difficulté. Pourquoi ? Parce que le point de départ de nos rencontres (islamo-chrétiennes) était ce qui était appelé les bases communes avec les musulmans. Voyons, nous croyons en Dieu, ils croient en Dieu ; nous avons un Dieu qui s’est révélé, ils ont un Dieu qui s’est révélé, un Dieu qui est tout puissant, nous disons Dieu est tout puissant, etc ; etc. Tous les concepts étaient alignés les uns et les autres. Nous disons : « Voyez, nous avons des bases communes. » C’est FAUX. Complètement faux !
Témoignage de Monseigneur Rault
Témoignage de Mgr Claude Rault, Père Blanc, évêque de Laghouat (Algérie)
(La Croix 6 septembre 2010)
ENTRETIEN RECUEILLI PAR Frédéric Mounier
Très proche du Frère Christian de Chergé, Mgr Rault, « l’évêque du Sahara », poursuit l’expérience de dialogue islamo-chrétien qu’ils avaient fondée ensemble en 1979.
En 1979, vous avez cofondé, avec le Frère Christian de Chergé, un groupe de réflexion islamo-chrétien, Ribât-el-Salam (« Le lien de la paix »). Dans quelles conditions ?