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Frère Christian

Frère Luc

Frère Christophe

Frère Michel

Frère Bruno

Frère Célestin

Frère Paul

Les homélies de Frère Christophe sont parues dans :
Adorateurs dans le souffle, Homélies pour les fêtes et solennités (1989-1996), Éditions de Bellefontaine, Série "Paroles" n°3, 2009.
Lorsque mon ami me parle, Éditions de Bellefontaine, 2010.
Les homélies de Frère Christian sont parues dans :
L'autre que nous attendons, Homélies de Père Christian de Chergé (1970-1996), Les Cahiers de Tibhirine n°2, Abbaye d'Aiguebelle, 2006.
Les citations bibliques sont mises en italiques.
Les peintures sont de Berna (www.evangile-et-peinture.org)

au fil liturgie elisabeth Alors, vous voyez, Marie se lève, et elle part en toute hâte... elle court, elle court: elle est si folle de joie! Dieu est là! Dieu est la!... Oh ! David qui dansait devant l'Arche, ce n'était rien à côté de Marie! Dieu est là! Dieu est là! Comment pourrait-elle contenir sa joie? Dieu est là! Dieu est là en moi! Oui, c'est en elle que Dieu vient d'être conçu... voilà la joie qui l'emporte, qui la transporte... et il y a de quoi !... Elle est si follement heureuse d'être si follement aimée... et puis, quelle nouveauté ! Oui, c'est vraiment l'impossible qui se réalise : Dieu... Dieu qui vient prendre chair !

Mais pourquoi donc s'en va-t-elle chez sa cousine Elisabeth?...

au fil liturgie etoile christophe"L'oeuvre du moine c'est l'espérance, l'espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ.

Le combat de l'espérance contre toutes les déceptions, les illusions et désillusions. Le service de l'espérance : travailler... pour la Gloire.

L'humilité de l'espérance: une échelle pour les pauvres, une issue de secours par le haut, une voie de salut, dressée, levée, plantée en Signe pascal."

(Frère Christophe, non daté 1985)

au fil liturgie avent 1 Ah, si tu déchirais les cieux, si tu descendais… (Is 63,19) […]

Tu es notre Père ! Viens renouveler l’Alliance de l’argile et de l’eau vive. […]

« Ce monde qui tout entier est nuit », disait la tradition juive. […]

Parce que le monde est nuit, la tentation est d’y passer en dormant, de supprimer le voyage, de ne plus croire à l’œuvre, à la lumière. Perpétuellement, le Peuple de Dieu est invité au départ, à l’exode, au voyage. Et cet appel est une lumière, un feu qui marche devant, la nuit. Cet appel est une Parole, un verbe de Dieu qui est lumière venant en ce monde. […]

La vigilance que Jésus recommande, est-ce en fin de compte d’attendre la mort… On aura passé sa vie à attendre : de grandir, un succès aux examens, de l’avancement, des fins de mois, la retraite… On attend la mort.

Mais à quoi servirait-il de veiller si c’est simplement pour attendre le sommeil ?, et de veiller la nuit, par dessus le marché, c’est à dire quand l’envie vous prend du sommeil !

au fil liturgie immacule conception Annonce faite à Marie... à nous. Il y a là quelque chose de nouveau : à entendre, à toucher, à voir, à reconnaître. Le dogme de l'Immaculée Conception n'est pas ici formulé, mais il apparaît : comme une expérience de la foi.

Que s'est-il donc passé à Nazareth entre Dieu et Marie ? Ceci : le Verbe venant dans le monde, à Nazareth en Galilée, vraie Lumière, illumine Marie. Ce n'est pas quelque chose d'abord qui est annoncé, c'est elle qui est révélée immaculée d'être ainsi nommée, personnalisée, singularisée par Dieu. Le Verbe est ici dans son propre bien parce que cette femme est entièrement désencombrée, vide : immaculée d'être remplie, comblée. Délivrée de toute peur : elle est elle-même en vérité. Elle dit: je, à Nazareth. Dans cette maison, le Verbe est accueilli, il est reçu. Il vient l'habiter : demeure de son Nom.

À cette foi immaculée -sans calcul, sans faille, sans hésitation- est donné le Salut en Personne  Jésus Sauveur. Par Lui, avec Lui et en Lui, Marie reçoit le pouvoir de naître, de naître d'en haut (Jn 3,3) : ce pouvoir de devenir enfant de Dieu (Jn 1,12) me semble être le contenu même de la foi vécue par l'Immaculée Conception.

au fil liturgie avent 3 […]Toute chair  verra le salut de Dieu (Lc 3,6), c’est à dire Dieu Sauveur, ou Jésus.

Aussi nous faut-il retrouver ce cadre vivant, naturel, où l’Évangile redevient parlant ; l’espace d’âme qui donne à nos vies l’horizon de Dieu, qui mette Dieu à l’horizon de tout.

C’est alors que nous redeviendrons capables de VOIR le salut de Dieu à l’œuvre, c’est à dire le Christ Jésus, dans cette chair même. Mystère d’incarnation prolongé. Les signes, les merveilles, même les « gadgets » du monde peuvent atteindre  par nous leur vocation ultime qui est de dire Dieu, comme Jésus, de préparer le chemin vers Lui, mieux, son chemin à Lui.

[…] A nous d’ajuster nos lunettes si nous ne le voyons pas… il sera nécessaire de partir au désert parfois !

au fil liturgie avent 4 Frère Christian relit l'oracle de l’Emmanuel (Is 7,10-16) à côté de Joseph (Mt 1,18-24).

1 -  le signe est déjà-là… c’est le passé qui fait signe.

[…] Joseph est déjà fiancé à Marie  quand Dieu décide de manifester son Alliance définitive avec la famille humaine. L’amour de Joseph et Marie s’est déjà voulu exigeant et accueillant de Dieu. Joseph, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse…(Mt 1,20).

Ce que tu as commencé, Dieu par grâce va te donner de l’accomplir. Comme Marie, l’ange le saluait : Le Seigneur est avec toi. Il est tout entier avec toi ; il fait corps avec toi.

Il revient à Joseph de pouvoir dire à Marie : « Le Seigneur est avec nous ».

au fil liturgie nativite NOËL est là, toute la journée. L’Église se souvient. Comme la mère reprenant en mémoire les premières heures.
NOËL s’en va, déjà… Nous voici projetés en avant du temps, hors du temps, un destin unique, plus grand que nous. Nous pensions qu’il était comme nous…

L’enfant nous échappe – interrompu – dérobé ? Nous cherchons l’enfant…
L’enfant, nous croyons savoir, connaître. Il est derrière nous celui que nous étions. Nous le cherchons en arrière, encore un peu au dedans. Nous le cherchons en tout enfant : provisoire…, fragile… négligeable (embarrassant), tourné vers l’âge adulte.
Cet Enfant-là, pourquoi pas ?

au fil liturgie marie bergers Vous le reconnaîtrez à ce signe : un nouveau né emmailloté, couché dans une mangeoire !

(F.Christian, extraits de l'homélie pour la messe de minuit, le 24 décembre 1994)

Ce signe pour les bergers... pour Nous encore, ici, le même, parce que Jésus, en son humanité, nous dit quelque chose de définitif. Les années ont pu passer. La vie publique est arrivée, et finalement cet autre emmaillotement dans son linceul, et cette autre couche dans le froid du sépulcre… à y regarder de près, le signe reste le même.

La merveille de Dieu pour nous, la merveille de l’homme pour Dieu, c’est ce petit enfant emmailloté, couché, lié, livré, abandonné !

au fil liturgie epiphanie Dieu fait signe !

Á chacun le sien, ajusté, adapté… les mages, habitués à scruter le ciel, y voient cette étoile. Les bergers ne connaissaient sans doute que l’étoile du berger… ils ont eu leur signe, une mangeoire.
Joseph a eu son signe : la ville de David, une vierge…
Les scribes et les prêtres ont été interpellés par les Écritures.
Hérode : le roi. Jérusalem : ces païens qui affluent lui demandant Lumière.
Les brebis du troupeau elles-mêmes… ce « Pain » du creux de leur mangeoire.

au fil liturgie bapteme Des racines et des ailes …

De l’Épiphanie, célébrée dimanche dernier, au Baptême d’aujourd’hui, plus de 30 ans se sont écoulés… Trente années éclipsées en une semaine, entre deux signes fugitifs dans le ciel, une étoile et une colombe, et ces deux signes ont paru si proches si concordants, que l’Orient a même confondu ces deux fêtes en une seule.

Il nous arrive, à nous aussi, de célébrer un anniversaire d’adulte, celui du mariage par exemple, ou, plus adéquatement peut-être, celui de notre profession religieuse, de notre ordination, à peu de distance de notre naissance. Pour autant, nous savons l’importance d’étapes qui nous ont conduits de l’un à l’autre de ces évènements, et le prix de ce long mûrissement, de cette patiente adoption à notre métier d’homme et à la place très spécifique que nous nous sommes sentis appelés à tenir dans la communauté humaine. Dix fois, vingt fois, trente, peut-être, nos parents se sont rappelés avec nous ce mystère joyeux de notre venue au monde. Et puis…

"Tu verras, on n'est pas déçu" :au fil liturgie presentation   «Tu verras. On n'est pas déçu». Devant l'Évangile de ce jour, je retrouve cette parole, reçue d'un frère, moine, ancien, devenu assez pauvre pour que Dieu le père en lui puisse parler, et donner vie par une parole vraie, juste, solide. « Tu verras. On n'est pas déçu ». C'était dit pauvrement, sans rien d'exalté, sans nulle euphorie suspecte, sans optimisme. C'était dit dans la vérité de l'espérance, et c'était porté, vérifié par une existence vigilante, patiente, ardente : au fond, heureuse... Pourtant... Comment n'être pas déçu ? [...] Allons voir l'Évangile. Accueillons sa Lumière : Ta Parole, Seigneur, est la lumière de mes pas, la lampe sur ma route (Ps 118,105).

au fil liturgie cendres Nous entrons donc ensemble en retraite de baptême : en union avec Jésus lui-même se retirant, poussé par l'Esprit, au désert. 40 jours, 40 nuits. C'est lui qui ouvre le chemin, le passage. Et nous commen­çons par lui demander, par une très instante prière, de mener lui- même à bonne fin ce Carême 91 : de nous mener au salut. Jésus exauce notre prière par un geste. Jésus va nous «croiser», nous marquer du signe de sa croix.

Par l'imposition des cendres, ce n'est pas simplement un peu de pous­sière que nous allons recevoir, mais bien une croix de cendres nous mêlant à son histoire, à ce procès, à ce combat qui continuent car le Mal, menteur et père du mensonge, n'a pas désarmé: il est à l'œuvre dans le monde et en nous.

au fil liturgie careme [Les invités à la noce peuvent-ils être en deuil tant que l'Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l'Époux leur aura été enlevé] …et alors ils jeûneront ! (Mt 9,15)

Deux interprétations possibles :

1-    Oui, l’Époux n’est plus là, il a été « enlevé ». On l’a conduit à sa noce, avec la mort.A mort ! A mort ! = « Enlève ! Enlève ! » alors il nous faut jeûner, et tous les jours… reprendre les chaussures de Moïse, et le chemin du désert. Mais alors, pourquoi est-il venu ?

2- Mais non, l’Époux est encore là, il l’a dit avant d’être « enlevé », à la façon de Dieu, sous les yeux des apôtres, à l’Ascension. Avec nous jusqu’à la fin du monde, et il nous a envoyés sur les routes du monde, […], avec l’élan de la joie. L’Esprit est en nous qui scelle les noces. Faudrait-il jeûner ? Et ce pain qu’il nous donne (comme à la multitude), et ce vin qu’il nous laisse (comme à Cana), ne sont-ils pas les signes que le jeûne n’est plus de mise ? […]

Soeur Anna de Bonneval a réalisé pour Radio-Présence Toulouse, une série de six petites émissions pour le CARÊME avec pour base des sermons de Fr. Christian.

Elle nous partage ses podcasts :

1 - La JOIE en carême ?

Contrairement à l’idée habituelle, la JOIE est au cœur du carême ! Bien évidemment, puisque c’est la manière de faire de Dieu…

Relire le texte

Commentaire- Marie-Dominique Minassian

Image – Bernadette Lopez

au fil liturgie joseph Joseph, gardien du mystère

Comment jeune, garder pur son chemin ? (Ps 118,9)

Comment ayant pris le risque de marcher sa vie,

comment ne pas s'égarer, par des chemins trompeurs : chemins de grandeur, de mensonge, voies sans issue, sentiers... impurs ?

Joseph, toi, le voyageur, le pèlerin, homme de la route... mais aussi de la maison, de l'atelier et du voisinage, veux-tu nous dire un peu comment tu as pu, jeune, - et nous le sommes aussi dans la Grâce nouvelle - garder pur ton chemin d'humanité ?

au fil liturgie annonciation Nous réjouir de la Joie de Marie

Exultez en elle, vous tous qui l'aimez. Réjouissez-vous de sa joie (Is 66,10 = Cantique AT 32).

Se réjouir de la joie de l'autre : n'est-ce pas cela aimer ? Nous réjouir de la joie de Marie : comblée de grâce, préférée, épousée. Oh! si souvent, j'en reste là de mes pauvres Ave : réjouis-toi Marie. Réjouis- moi, Seigneur, de cette joie dont je manque tant. Ta Mère le sait bien qui te dit : Ils n'ont plus de vin. Pour nous réjouir de la joie de Marie : entrons dans l'Évangile de la Grâce.

au fil liturgie tentations Nous regardons JESUS… de l’intérieur de notre foi.

1- Les trois EPREUVES… = trois EXPERIENCES. Les premiers mots de Jésus chez Luc (la première épreuve) : Ne savez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? La voix du Père, maintenant a parlé… et l’Esprit a poussé Jésus au désert, comme on y poussait chaque année le bouc émissaire… et Jésus est « chez son Père ». Pendant 40 jours, il est mis à l’épreuve, tenté, le temps d’une génération humaine (symbole).

- Pour y faire l’expérience de la parole sur-essentielle. Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ! » La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur ! Dt 9,4

[…] Abraham a eu l’instinct que Dieu a quelque chose à voir avec la paternité. Il lui aura fallu pour cela, éprouver longuement le désir lancinant d’avoir un fils né de sa chair et de Sara, la chair de sa chair… un fils en qui se reconnaître, se prolonger, se survivre, c’est à dire vivre indéfiniment, à l’infini.Abraham se tourne alors vers l’Unique qu’il a déjà préféré à son propre père, pour qui il a tout quitté, en présence de qui il s’efforce de marcher : Donne-moi un fils !Et quand le fils du rire est là… Abraham sait bien qu’il n’est pas totalement sien. En le lui donnant, Dieu lui a donné quelque chose de Lui-même qui devrait lui revenir un jour, quelque chose qui participe de la vie même de Dieu, et donc de la victoire sur la mort, de l’être même de Dieu qui est de donner la vie.

- La Parole de Dieu est un PUITS. Toute Parole, chaque parole… Au désert de notre langage, il y a des « mots creux », et il y a aussi des « puits » […].Celui qui veut écouter Dieu découvrira ces puits, chacun le sien. La Parole qui se livre, il fait encore la forer, la sonder… Un mot univoque est trompeur, on croit ne voir qu’un roc. Frapper ce roc… il en sort de l’eau. On peut aussi buter longtemps sur les mots… en Jésus, ils deviennent Parole de vie, puits sans fond auquel on revient sans fin (les autres fontaines n’ont plus la même saveur, même si elles puisent à la même nappe d’eau (sans doute une question de profondeur). […]

au fil liturgie aveugle ne En passant, il a vu : regard humain de Dieu sur quelqu'un. Et la question abstraite des disciples : Rabbi, à qui la faute, à lui ou à ses parents ? (Jn 9,2) La culpabilité des questionneurs est réelle mais diffuse. Jésus écarte les deux alternatives : ni lui, ni ses parents ne sont fautifs. Devant la Croix : à qui la faute?

C'est pour montrer sur lui le travail de Dieu (Jn 9,3) : c'est pour Jésus un appel à faire quelque chose, ce pour quoi il est envoyé : le travail de Dieu. Auquel il nous associe. [...]

Dieu a tant aimé le monde…qu’il a donné !

www.evangile-et-peinture.org

Le don des origines, celui de la création. Dès l’abord, Dieu AIME. Il crée pour cela – à cause de cela et en vue de cela. Dès le commencement, il DONNE… il donne jusqu’à la croix et au-delà. Il donne en laissant l’homme libre de perdre, libre de sa façon de Le perdre. Car quand il donne, il se donne. Il se donne en TOUT, même dans la mort qu’il n’a pas voulue. Et c’est grâce, c’est à dire que c’est gratuit, c’est cadeau. Les dons de Dieu ne sont pas à acheter : qui pourrait prétendre acheter l’amour ! Le sot ! Dieu n’est pas mercantile. Pas de donnant-donnant en Lui. Sa justice n’est ni intéressée ni vengeresse… Difficile à concevoir pour nous ! Pas de marché à faire avec Lui, même en vie consacrée. Nous avons tout donné, dit le disciple, que recevons-nous ?  Dieu le Premier a tout donné ! (sans rien attendre que l’amour et il est comblé). 

au fil liturgie lazare Dieu n’empêche personne de mourir. « Tout homme goûtera la mort » Coran, Sourate de l’inéluctable.Il n’appartient à personne de la devancer. Il n’appartient qu’à lui de la décréter. Il est le Dieu qui fait mourir et fait vivre.Ne pouvait-il empêcher Lazare de mourir disent les bien-pensants. Mais il n’empêche personne de mourir, même pas Lazare, son ami.Lui même ne fuit pas la mort…Ceux qui le suivent peuvent même s’entendre dire : Allons-y nous aussi …Il s’est avancé avec audace sur la route de la Passion.Avec la même assurance, il leur dit Lazare est mort !

au fil liturgie rameaux 2013 SEMAINE SAINTE

avec la Paix comme fil conducteur...

Année de la PAIX… thème de la PAIX inscrit en filigrane dans la PASSION de Celui qui se présentait à Noël comme le « Petit Prince de la PAIX ».

[…] Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur, le ROI, PAIX dans le ciel et gloire au plus haut des cieux.

Nous avons entendu… les Pharisiens ne peuvent supporter ce cri : « Reprends tes disciples ! ». Même les pierres du chemin crieront ! si les hommes n’entrent pas dans la PAIX qui leur est destinée, les pierres vont sortir de la leur, de cette inertie qui est leur façon d’être. Mais aussitôt, Jésus situe cette PAIX à sa place. La paix des pierres est liée à la terre, pas celle des hommes. Elle vient du ciel et elle ne s’enracine en terre que dans la FOI. Elle doit être accueillie et Jérusalem, la Cité de la PAIX, n’a pas ouvert les yeux !

au fil liturgie rameaux Je suis le chemin de la JOIE...

Dans la Règle de St Benoît au chapitre 49 : "Le moine… attendra la Sainte Pâque avec la joie du désir spirituel".Nous voici à pied d'œuvre…[…] Saint Benoît ne va-t-il pas à l’encontre du climat qui prévaut souvent, en Occident du moins, durant le Carême, la Passion, la Semaine Sainte : ne met-on pas la joie en quarantaine ? Nous avons méticuleusement expurgé notre Office de tout Alleluïa (soigneusement rangé dans la sacristie des fêtes pour qu’il y attende lui aussi  la Pâque avec la JOIE qu’il exprime). La Joie n’est-elle pas déplacée au chevet de ce moribond qui n’en finit pas de monter vers Jérusalem et la Croix ?

www.evangile-et-peinture.org Quand Dieu donne sa JOIE ...

La JOIE… le fil conducteur de cette Semaine Sainte est partout présent dans cette célébration, mais discrètement, comme en sourdine : joie retenue, joie discrète, brise légère au seuil de la tempête toute proche. On aimerait en garder le fil quand l’épreuve inévitable va s’abattre sur nous : essayons d’emplir nos oreilles de son chant qui nous dit comme au Christ de la Cène, mais tout aussi bien comme au Christ de Gethsémani toute à l’heure : « Viens vers le Père ! ».

JOIE partout présente – n’est-ce pas cela l’Eucharistie ? N’y a t-il pas une parenté écrite dans le vocabulaire même entre la grâce Χαρις et la joie Χαιρος ? Nous célébrons la Bonne grâce de Dieu, la merveilleuse joie qui déborde de lui pour tout envahir, de proche en proche : une Joie de Lui, plus loin que toutes les nôtres. Une joie difficile qui se conjugue avec la souffrance, comme toutes nos joies si précaires quand on y regarde de près.

Chemin de Croix proposé par la paroisse Saint Ambroise à Paris le 24 mars 2016

au fil liturgie chemin de croix Nous méditons ce chemin de Croix cette année avec les moines de Tibhirine enlevés il y a 20 ans le 26 mars 1996 et tués au printemps. La mairie de Paris a choisi de donner leur nom au square devant l’église pour honorer leur mémoire. Ils ont donné leur vie par fidélité à leur engagement monastique et par fraternité avec le peuple algérien. Nous voulons vivre ce chemin de croix avec leurs paroles, leurs méditations pour demander la paix, prier pour les victimes du terrorisme et de la violence armée, prendre un chemin de non violence, celui du plus grand amour à la suite de Jésus Christ qui a donné sa vie dans les rues de Jérusalem.

Frère Christian : nous dit comment tenir Bon
« Tenir à Lui nous tient ensemble »

Faisons ensemble le Signe de Croix

pour suivre les 14 stations

au fil liturgie vendredi saint 2013 Michée avait dit  Il sera lui-même la PAIX ! Nous l’avons vu et entendu en ces heures dernières :

  • Ceux-là, laissez les partir
  • Remets ton épée au fourreau
  • Ma royauté n’est pas de ce monde : j’aurais des gardes qui…

Et voilà, la PAIX est morte.

Quand je dis la Paix, c’est la guerre qu’ils comprennent ! Is 59, 8
Le chemin de la Paix, ils ne l’ont pas connu. Rm 3, 17

au fil liturgie vendredi saint La JOIE dans la foi nue…

Hier, il était possible de parler de JOIE… nous avions même des éléments de référence qui nous permettaient, semble-t-il, d’entrer dans la joie multiforme de l’eucharistie : joie du pain, du vin, du repas, de la fête, de l’amour, du corps ! Mais ici, aujourd’hui, face à l’absolu de la souffrance, aurons-nous l’audace de parler de joie ? Toutes nos pauvres joies d’hier se retrouvent  ici au pied de la Croix, blessées à mort, meurtries, défigurées : qui songerait à refaire les gestes d’hier ? Le fil est rompu, la joie tarie. Et pourtant, Celui qui est là, cloué dans la mort, nous a demandé de refaire ces gestes, sachant déjà ce qu’il allait Lui advenir… et cette Croix fait partie de l’eucharistie, plus et mieux encore que le pain et le vin… et la parole rebondit dans nos cœurs qui nous vient de Lui, encore toute fraîche : Si vous m’aimiez, vous vous  REJOUIRIEZ  de ce que je vais au Père.

au fil liturgie flamme Frères et Sœurs, comment, par une nuit si noire, en sommes-nous arrivés là : peuple tout illuminé ? C'est la Flamme qui nous a conduits. La flamme du berger a ouvert le passage. Jésus est avec nous. Jésus vivant est au milieu de nous. Jésus : brûlant de nous brûler tous à son être. Ouvrons notre cœur : bien grand. Et laissons-nous prendre aux mots de l'Écriture Sainte.

1. (Gn 1,1-2,2). Voici d'abord, au livre de la Genèse, un beau poème qui nous attend : des mots de vie, recréateurs... qui nous attirent très loin en nous, là où je suis créé par amour, des mots qui nous entraînent là tout près vers Pâques où Jésus accomplit toute chose.

au fil liturgie paques La JOIE de Dieu est de donner sa vie…

1-    Bénédiction du FEU… qui danse et qui chante, qui brille et qui éclaire. Flamme chaleureuse, étincelle de pur bonheur. Le feu se nourrit du bois dont on fait la/les croix : sous le bois auquel  l’Amour a été suspendu, couvait le feu de Dieu. Voici qu’il prend, qu’il nous prend. Il s’avance solitaire… et puis tout s’embrase de proche en proche, et la nuit est bienheureuse qui nous donne d’accueillir ce pur bonheur : découvrir notre vocation de JOIE en nous laissant consumer par le FEU !

au fil liturgie vendredi saint 2013 1- La PAIX fait irruption.

Elle vient d’ailleurs, comme un surcroît de lumière, un surcroît de sens, un surcroît de vie, un surcroît de communion. […]

La Paix défie toute logique humaine, tout comme la Résurrection. De l’enseignement de Jésus on avait retenu la Croix… sans aller jusqu’au troisième jour : celui de la PAIX du Ressuscité.  La PAIX soit avec vous !

au fil liturgie ascension Dans l’Ascension, le mouvement est achevé. Celui qui s’est abaissé a été élevé.Ceux qui ont prétendu élever en Croix le Fils de l’Homme ne savaient pas à quel point ils rejoignaient le dessein de Dieu. L’humanité retrouve son Orient, à la verticale de Jérusalem. Pour autant la mission demeure qui est celle du Verbe, féconder la terre.

au fil liturgie pentecote et paix La Paix soit avec vous !

La Paix comme un souffle nouveau qui crée une RELATION.
Recevez l’ESPRIT SAINT ! […]

L’Esprit Saint révèle la PAIX comme une RELATION. La PAIX que le Père donne au Fils, la PAIX que le Fils trouve en faisant la JOIE du Père. La PAIX qui rétablit les rapports entre Dieu et l’homme, PAIX du FIAT de Marie à l’ombre de l’Esprit. La PAIX qui rétablit les rapports entre tous les hommes – pas de meilleur symbole que de se comprendre mutuellement- TOUS, Juifs ou païens, un seul CORPS de membres différents, de langues qui restent différentes, mais qui expriment le même message, le même VERBE.

au fil liturgie pentecote Les disciples furent remplis de JOIE en voyant le Seigneur

Même évangile que pour Pâques. La joie pascale des Apôtres aurait-elle fait long feu ? Aura-t-il fallu qu’elle soit amorcée de nouveau pour tout embraser enfin ? On peut penser plutôt que le feu a couvé lentement… Cinquante jours, du reste, ce n’est rien au regard des milliards d’années de la création. Or tout permet de croire que ce feu couvait ainsi dans l’univers depuis la création du monde… ici ou là des flammèches affleuraient, laissaient entrevoir ce travail souterrain. Parfois un vrai volcan : Abraham, Élie, Moïse… Plus souvent cette chaleur inconnue que les cœurs simples ont chantée dans les Psaumes. 

au fil liturgie sainte trinite […] Quand il viendra, Lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière…

[…] Voici que Jésus nous envoie plus loin que la lettre des Écritures, plus loin même que ce qu’il a pris le temps et la peine de nous dire ou de vivre concrètement quand il était là, parmi nous. Il nous redit ainsi que la vérité de la foi ne sera jamais à chercher d’abord au plan du discours ou des paroles, fût-ce ses « ipsissima verba » telles qu’aurait pu les enregistrer un magnétophone.

C’est dans une relation avec le Père qu’il veut nous introduire – une relation préexistante à toute existence créée - une relation que seul l’Esprit peut engager parce que la vérité de l’Esprit c’est d’être cette relation. Le mensonge à éviter est et sera toujours celui qui s’établit dans nos relations. Le diable est père de ce mensonge-là.

au fil liturgie saint sacrement Le sacrement de l’Alliance pour une « année de la PAIX » : pain et paix, un lien existentiel qui n’a peut-être jamais été aussi clairement perçu qu’en ces jours où tout se vit à l’échelle planétaire. JAMAIS ? à voire… c’est ce lien même que Jésus consacrait dans la coupe de son sang, le recevant de son Père pour le donner.

Un lien défini par Paul VI quand il affirmait dans Populorum Progressio que « le développement est le nouveau nom de la PAIX ». Un lien souligné avec véhémence à Lahore en 1974 par le Président Boumédiène à la conférence des États islamiques, quand il proclamait que les ventres affamés n’ont rien à faire avec les Paroles du Livre, si c'est là la seule nourriture que les croyants ont à leur partager aujourd’hui…

au fil liturgie benoitFrères et Sœurs, la vérité quand elle est une idée, une définition, un système, une spéculation... une élucubration : il faut se hausser, s'élever, faire l'intelligent à la mesure de ses moyens pour la saisir, l'analyser et se la mettre dans la tête.

Mais si la vérité, c'est Quelqu'un - un jour on a tout quitté pour le suivre - et il s'agit d'entendre sa Voix, d'accueillir sa Présence, de rencontrer son Visage, il faut simplement, vraiment incliner son cœur. Oui quand on écoute l'Évangile - Parole qui est Révélation - il faut demander le discernement, appeler l'intelligence, l'intelligence pauvre qui nous met à hauteur du Christ doux et humble. Et quand I'Évangile nous vient par un saint qui vraiment l'a mis en pratique - la vie des saints qu'ils s'appellent Augustin, Benoît, François, Claire ou Charles - c'est l'Évangile illustré, mis en histoire. Oui, aujourd'hui, en ce jour où l'Évangile de Jésus Christ nous vient par Benoît : il nous faut demander une oreille attentive, un cœur qui s'incline.

au fil liturgie transfiguration Ainsi quelque chose est arrivé à Jésus en prière sur la montagne. Quelque chose qui a altéré son être comme réduit à l'essentiel : visage. Jésus fait face au Père, mais sans se détourner ni de Moïse, ni d'Élie avec qui il converse, ni de ses trois disciples.
Dieu se révèle. Relation : visage et voix nous attirent. Faire face nous ici, en prière, un peu, sur cette montagne. Alors qu'arrive-t-il ? En quoi cet événement de Lumière nous concerne-t-il ? La Palestine n'est pas si loin.
Fixons notre attention sur l'Écriture. Laissons l'Évangile nous illuminer. Jean écrit : Personne n'a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui est dans le sein du père, lui, nous l'a dévoilé (Jn 1,18). (…)
Il me semble aujourd'hui qu'en effet, Jésus est pour nous celui qui marche, celui qui nous ouvre un chemin de lumière, là même où tout semble bouché, et c'est bien de cela qu'il s'entretient avec Moïse et Élie : de son Exode.

au fil liturgie assomption [Le Bien-aimé du Cantique] : Debout, toi, ma compagne, ma belle, lève-toi, ma bien-aimée, partons d’ici !
Le DESIR de Dieu pour notre race humaine n’a pu attendre la consommation des siècles… il lui fallait même se signifier dans le cours du temps. Fais-moi voir ton visage ! Fais-moi entendre ta voix !

au fil liturgie croix glorieuse Si l'essentiel est vraiment là où Jésus meurt : en Croix... suis- je prêt à vivre cet essentiel, à témoigner de cet essentiel : donner ma vie, m'en dessaisir pour les autres. Car l'essentiel, nous sommes tous d'accord : c'est de vivre... et l'essentiel de la vie: c'est aimer, être aimé. Mais vivre jusqu'à ce point... aimer jusqu'à cet extrême, et puis être aimé de cette façon...

Jésus en croix nous dit d'abord ce que n'est pas l'essentiel,
il nous montre où il n'est pas :

- l'essentiel n'est pas de réussir, de s'épanouir, de faire carrière (professionnellement, religieusement), Jésus meurt abandonné, condamné, humilié.
- l'essentiel n'est pas dans l'argent ni dans cette apparence qu'il nous permet d'acheter: Jésus meurt nu, dépouillé, dévêtu de toute apparence, homme ordinaire, en tout semblable aux hommes et reconnu comme un homme : le Nazaréen ! Ecce Homo.
-l'essentiel n'est pas dans le manger, ni dans le boire. J'ai soif, dit le supplicié (Jn 19,28).

au fil liturgie toussaint Jésus voyant la foule, peut-être bien qu'il entend ce verset du Psaume -nous le chantons chaque soir à Complies et cette nuit aux Vigiles : Beaucoup demandent : Qui nous fera voir le bonheur ? (Ps 4,7).

[…] Oui, ils sont foule aujourd'hui de par notre monde à demander : Qui nous fera voir le bonheur ? Suffirait-il en guise de réponse d'édicter une loi : charia ou catéchisme, garantissant un bonheur... obligatoire et triste, dont les gens à dire vrai n'ont que faire !

Faut-il avancer des idées et élaborer un bonheur bien programmé, froid et tellement exclusif : bonheur des riches ou du prolétariat, bonheur des blancs, bonheur occidental genre Le Pen ou bonheur islamiste ? Nous faudrait-il choisir ?

au fil liturgie christ roi Sur la Croix, voici l'homme, Jésus, l'acteur principal. Il ne joue pas sur l'écran. Il est dans la salle, avec les spectateurs. Il est dans l'histoire, avec nous. Voici l'homme dans son plus beau rôle : le centurion bientôt dira : en réalité, cet homme était un juste (Lc 23, 47). L 'Église, c'est un peuple qui regarde : et qui témoigne, qui tient et s'affirme elle-même dans ce regard porté envers et contre tout sur Jésus. Elle ne rêve pas. Elle n'imagine pas. Elle regarde : le réel de la Croix aujourd'hui : l'humanité torturée, humiliée, transpercée, défigurée.

L'Église ne se détourne pas. Son regard démasque le mensonge. Son regard témoigne : le Procès n'est pas fini. L'Accusé n'a pas dit son dernier mot : l'Agneau immolé, il est vainqueur. Le Crucifié, il est ressuscité : vivant. Il règne. Christ et Roi.