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Dimanche 12 janvier 2021

Chers parents, chers amis, chers frères et sœurs

Simplement par cette lettre je viens vous dire un petit signe d’amitié. Le confinement ne nous empêche pas d’être humain !

L’année dernière ce qui avait été marquant en Algérie avait été le mouvement du Hirak, un mouvement populaire d’aspiration à plus de liberté, de justice.

Depuis le virus est arrivé et a stoppé toute manifestation. (Mais dans les cœurs ce mouvement de l’Esprit continue.)

Cette année est donc marquée nous aussi en Algérie par la pandémie.

Sur le plan politique il y a eu une élection présidentielle, avec peu de participation, et une nouvelle Constitution, mais sur le plan pratique on ne voit pas encore le changement annoncé d’une « Algérie nouvelle. » Les signaux sont plutôt négatifs en ce qui concerne la situation économique. Les prix commencent à monter. Le chômage des jeunes est important. Régulièrement on apprend que des « harragas », jeunes qui essayent d’émigrer clandestinement vers l’Espagne ou l’Italie, se sont noyés.

Le virus n’a pas trop frappé. Actuellement autour de 250 cas déclarés par jour. Et peu de morts. Mais ce doit être sans doute davantage car tout le monde ne fait pas le test. Il coute cher. Au plus haut de la pandémie cette année (800 cas par jour) les structures sanitaires étaient débordées. Les Algériens n’entrent que doucement dans les mesures sanitaires. Cela reste encore un peu loin pour une bonne partie d’entre eux. On parle de vaccin (spoutnik) mais ce n’est pas encore commencé.

Pour nous ici cela a eu des conséquences directes : à partir du mois de mars on a fermé le monastère aux visiteurs.

On a rouvert en octobre, mais on a refermé deux semaines plus tard car deux d’entre nous (sur 5) ont été testés positifs. Yves, a été bien malade. Heureusement il est maintenant remis.

On en a profité pour faire des travaux sur les bâtiments. Grâce aux dons, notamment de la Fondation des monastères.

Nos visiteurs étant absents, nos relations ont été avec les travailleurs : plombiers, maçons, saisonniers. On vit avec eux de bons moments.

l'équipe des plombiers                              

On a augmenté un peu nos temps de prière : notre façon d’être solidaire avec tous ceux qui souffrent de cette pandémie.

J’ai trouvé que le temps de l’Avent nous allait bien en ce temps de pandémie : temps d’attente, d’Espérance, soutenu par la prière.

La vie en communauté à quatre, sans visiteurs et sans beaucoup de sorties en a aussi été marquée.

Il a fallu s’adapter à cela. On attendait des personnes qui devaient venir nous aider, mais n’ont pas pu. Certains d’entre nous doivent aller en France depuis un moment pour du repos et des soins de santé mais pour l’instant ne bougent pas. Car si c’est assez facile de partir en France, il est plus difficile de revenir en Algérie.

Mes activités concernent outre la participation à la vie communautaire (cuisine, ménage), le suivi de certains travaux, l’entretien du parc. J’ai cette chance d’être souvent dehors.

En ce début janvier on vient de rouvrir aux visiteurs. Quatre jours par semaine. On les reçoit avec les mesures de protection. Même si c’est prenant on en est très heureux : on est ici pour cela et on a régulièrement de belles rencontres.

L’année dernière, avant le confinement, il y avait eu une augmentation importante du nombre de visiteurs. Le vendredi presque la foule. Plus de trois cent personnes : on était un peu débordés !

Maintenant ca reprend et on voit que l’attrait des Algériens pour le monastère ne diminue pas.

Cette année ici nous sommes quatre et demi.

                                    

Au monastère Brigitte, Félicité, Yves et moi. A mi-temps Bruno, revenu d’une année sabbatique en France, qui est aussi nouveau curé de Blida, grande ville proche de chez nous.

Un ami jésuite, Christian Reille, vient régulièrement passer une semaine avec nous. Il y a aussi des religieuses qui viennent faire leur retraite ici. Aux eucharisties on est entre 4 et 6. (chiffre du ministère de l’intérieur !)                                                                                     

 

 

 

 

 

 On a pu recevoir en octobre la retraite de prêtres d’Algérie. Un moment très chouette. Notamment la vaisselle tous ensembles, y compris avec les évêques !  Il y a une belle fraternité dans l’Eglise d’Algérie.                                                                                                                                                                                                                         

Cet été j’ai eu le beau cadeau d’aller faire une retraite de douze jours dans le sud algérien à l’ermitage du père de Foucauld, l’Assekrem, près de Tamanrasset. Un lieu magnifique. Beauté de la Création.

Petit miracle et coup de pouce de la Providence : on a voyagé gratuitement dans un avion militaire algérien transportant des soldats et des familles !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 On a été marqué en décembre par la mort de l’ancien évêque d’Alger, Mgr Henri Teissier. C’est lui qui était évêque pendant les années noires et qui a eu à porter notamment la mort des 19 religieux qui ont été assassinés pendant cette période.

Cet homme a aimé Dieu, l’Eglise et les Algériens. Ceux-ci l’ont reconnu et les témoignages dans la presse ont été unanimes. Il fait partie de ces personnes qui ont travaillé au rapprochement entre l’Algérie et la France. Après les années de tempête qu’il a traversées il a quand même pu dire :                                           « Heureusement il y a un don de Dieu pour chaque jour ».

 

Au niveau de la Communauté du Chemin Neuf il y a eu un temps important : la visite de nos responsables au pape à Rome. (Cf Photo). C’est la première rencontre officielle depuis la naissance de la communauté en 1973. Une belle rencontre qui nous remplit de joie.

Je vais arrêter là cette lettre. Je m’étais dit que je serai court mais j’avais quand même pas mal de choses à vous partager.

Vous pouvez nous confier des intentions de prière. On a l’impression d’être entendus !

Bien avec vous. Et Bonne année !

Eugène

 

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